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Alstom: le rejet de la fusion... applaudi par la Bourse

(CercleFinance.com) - Déjà en hausse de 3% hier, l'action Alstom s'est retournée à la hausse ce midi en s'adjugeant encore 4%.
Et pourtant, la Commission européenne vient officiellement de refuser de laisser l'équipementier ferroviaire français fusionner avec la division Mobility du conglomérat allemand Siemens. Les investisseurs feraient-ils fi des synergies un temps envisagées ?

Voilà qui semble paradoxal : ce matin sur France 2, le ministre de l'Economie, Bruno Lemaire, avait, lui aussi et en quelque sorte, vendu la mèche. Evoquant la perspective d'un veto de l'institution européenne de Bruxelles, il avait déclaré : "je crois que les jeux sont faits", avant d'ajouter : "La décision que s'apprête à prendre la Commission européenne va servir les intérêts économiques et industriels de la Chine", qui voilà près de quatre ans a créé, par la fusion de deux groupes publics, le géant CRRC. Et l'action Alstom de glisser, en matinée, jusqu'à perdre 2,9%.

Puis vers 11 heures, la Commission, qui s'était donné jusqu'au 18 février pour se prononcer, rendait son verdict : malgré les propositions des deux groupes (qui au passage auraient réduit les synergies de l'opération...) pour obtenir l'aval de la direction générale de la Concurrence emmenée par Margrethe Vestager, c'est "non". Conçu à l'image de Siemens Gamesa dans les éoliennes, Siemens Alstom ne verra donc pas le jour.

"Siemens et Alstom sont toutes deux des fers de lance de l'industrie ferroviaire. En l'absence de mesures correctives suffisantes, cette concentration aurait entraîné une hausse des prix pour les systèmes de signalisation qui assurent la sécurité des passagers et pour les futures générations de trains à très grande vitesse", a déclaré Mme Vestager. Et voilà que l'action Alstom, à qui l'amplitude ne fait pas décidément peur, de repartir à la hausse en prenant plus de 4% ce midi à la Bourse de Paris. Ce qui porte à plus de 7% sa progression depuis lundi soir...

Comment expliquer cet apparent paradoxe ? D'abord, la capacité du marché boursier à acheter la rumeur puis à vendre la nouvelle (ou inversement, dans le cas présent) n'est plus à démontrer. D'autant qu'on ne peut vraiment pas parler d'une surprise : la probabilité d'un rejet de l'opération par la Commission n'a fait que croître ces derniers mois. La manière réservée dont les deux groupes ont présenté les propositions de compensation à la Commission plaidait en ce sens, de même que la quasi-totalité des informations de presse.

Autre élément : 12 jours avant la "deadline", la décision est maintenant officielle et peut donc être tenue pour acquise. Pour les actionnaires d'Alstom, c'est une hypothèque qui se lève, et on peut maintenant passer à autre chose.

Certes, Alstom, qui s'était préalablement dégagé dans des conditions financières plutôt favorables de l'activité de turbines énergétiques (avant que cette dernière ne connaisse des difficultés...), restera seul face à des concurrents comme... Siemens Moblity, le canadien Bombardier Transport ou encore le chinois CRRC.

Soit, mais cette situation n'a pas empêché le groupe français d'engranger des commandes ces derniers temps. Au point que le montant de son carnet frôlait, au 31 décembre 2018, les 40 milliards d'euros, soit l'équivalent de 4,8 fois le CA de 8,3 milliards anticipé pour l'exercice 2018/2019. En effet, Alstom n'est pas resté les bras croisés depuis qu'il est devenu un "pure player" ferroviaire : il a déjà refondu sa stratégie commerciale, s'est réorganisé, a réduit ses coûts, mis l'accent sur les services par essence plus récurrents, etc.

Et manifestement, la stratégie du successeur de Patrick Kron, le PDG Henri Poupart-Lafarge, fonctionne bien. Elle se traduit dans les commandes, et donc dans le CA qui, à six milliards d'euros sur les neuf premiers mois de 2018/2019, affichait une croissance organique rarissime pour une valeur cotée de cette taille : + 18% !

En outre, les volumes ne sont pas les seuls à grimper : l'exercice 2015/2016 s'était terminé sur une marge d'exploitation ajustée de 5,3%. Au terme du 1er semestre de l'exercice en cours, elle avait grimpé à 7,1%. Concurrence ou pas, la rentabilité d'Alstom augmente rapidement.

Enfin, après sa sortie des branches "Energie", Alstom est pratiquement désendetté : à fin septembre, sa dette nette de seulement 280 millions d'euros se comparait à des capitaux propres de quatre milliards. Peu fréquente dans l'histoire d'un groupe industriel, la solidité du bilan d'Alstom lui permet de réaliser des acquisitions significatives - autre que celle de Siemens Mobility, évidemment. A suivre.

EG




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