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Pierre Leurent, Directeur Général de Voluntis

le 23/05/2018 17:15:00

Pourriez-vous nous présenter en quelques mots votre société ?
Voluntis est un pionnier des thérapies digitales. Sa volonté depuis le départ est de proposer des solutions digitales innovantes visant à aider à la gestion des maladies chroniques et à améliorer la performance en vie réelle des traitements.
Les logiciels thérapeutiques que nous concevons accompagnent les patients dans leur suivi médical quotidien et les rapprochent de leur équipe soignante à distance.
Nous avons débuté notre activité avec la maladie du diabète (avec Insulia et Diabeo) pour aider les patients dans leur injection d'insuline journalière.
Nous avons ensuite répliqué, grâce à notre plateforme Theraxium, notre approche en oncologie à commencer par le cancer du sein et le cancer des ovaires (avec Zemy, eCO) - afin d'assister les patients dans la gestion des effets secondaires qui se produisent à la suite de l'administration de lourdes thérapies spécifiques.


Pourriez-vous nous retracer les grandes lignes de l'histoire de Voluntis ?
La société a commencé ses activités en 2001 en tant qu'éditrice de logiciels. En 2011 elle a évolué en société de sciences de la vie pour trois principales raisons. Sur un plan réglementaire, des deux côtés de l'Atlantique, les logiciels développés ont été reconnus comme dispositifs médicaux. En outre, elle a été en mesure de démontrer les impacts cliniques importants de ses solutions. Enfin, elle a mis en oeuvre de nouveaux modèles économiques : vis-à-vis des assureurs santé, ses résultats cliniques ont pavé la voie à l'obtention du remboursement de ses solutions. Et pour accompagner la diffusion à grande échelle de ses solutions, la société a mis en oeuvre des partenariats de longue durée avec des grands laboratoires pharmaceutiques comme Sanofi en 2011, Roche et AstraZeneca en 2015.


De quelle manière se caractérise la robustesse du modèle économique de Voluntis ?
Voluntis est une des sociétés dans son segment des " digital biotechs " ou " digital therapeutics " les plus avancées en termes de démonstration de l'efficacité clinique de ses produits avec trois études majeures (Telediab 1, Telediab 2 et Telesage).
Cela a aidé à convaincre le corps médical de l'utilité des solutions conçues et les assureurs santé à contribuer au remboursement de ces solutions.
Voluntis dispose d'ores et déjà d'homologations réglementaires difficiles à obtenir, singulièrement celle de la FDA américaine. Elle a été en mesure de monter des partenariats structurants avec des leaders pharmaceutiques mondiaux.
Elle s'appuie pour son expansion sur une plateforme technologique (Theraxium) très différenciante et à la pointe sur des sujets aussi cruciaux que la sécurité des données.

Les solutions de Voluntis ont fait la preuve de leur efficacité clinique avec la réalisation d'un certain nombre d'études concrètes...
Des résultats cliniques probants ont pu être présentés dans le domaine du diabète en 2011 et 2013 et dans le domaine de l'oncologie en 2017.
Une nouvelle publication devrait prochainement sortir dans le Journal of Clinical Oncology.

Pourquoi avez-vous décidé de vous introduire en bourse ?
Cette opération devrait nous permettre de collecter entre 32 et 37 millions d'euros dans le cas où nous exercerions la clause de surallocation.
La majeure partie des fonds que nous allons lever, soit 60%, servira à financer notre développement commercial notamment aux Etats-Unis. Nous souhaitons étoffer notre équipe de commerciaux chargés de vendre nos solutions auprès des assureurs santé américains.
20% de la collecte sera par ailleurs destinée à la poursuite du développement de notre offre en oncologie.
Le reste vise à nous aider à renforcer les opérations de notre filiale aux Etats-Unis -nous visons un doublement des effectifs sur un an glissant- et à poursuivre nos investissements dans notre plateforme technologique.


Envisagez-vous des opérations de croissance externe ?
Pas dans l'immédiat mais nous serons attentifs à toutes les occasions qui se présenteront à nous afin d'accélérer le rythme de notre déploiement commercial.


Avez-vous des objectifs chiffrés à moyen terme ?
A horizon 2021, notre objectif est de réaliser au moins 50 millions d'euros de chiffre d'affaires par an. Nous entendons atteindre cette cible par la commercialisation en direct auprès des assureurs de santé notamment aux Etats-Unis et par la commercialisation indirecte via les partenariats noués.
Cet horizon temporel a été déterminé en fonction de notre feuille de route stratégique. Nous devrions avoir suffisamment avancé au niveau de nos relations avec les assureurs santé et au niveau de notre base utilisateurs d'ici là. Notre newsflow devrait être, en outre, particulièrement soutenu.
De quelle manière se déroule vos négociations avec les assureurs santé ?
Nous nous concentrons sur 170 comptes actuellement aux Etats-Unis. Il nous faut sécuriser environ 15 comptes de taille moyenne pour être conformes à notre objectif à 3 ans. Nous sommes parvenus à convaincre un premier grand assureur américain, WellDyneRx, qui assure 850 000 personnes aux Etats-Unis.
Nous sommes dans des discussions avancées avec d'autres assureurs. Nous avons une vague aux Etats-Unis en faveur du paiement à la performance des produits. Or, nous sommes en mesure de livrer des données concrètes concernant l'atteinte des objectifs glycémiques des patients diabétiques. Nous sommes de ce fait en capacité de formuler des propositions de contrat quasiment sans risque aux assureurs.

Vous escomptez une homologation de la FDA en 2019 préalablement à la mise sur le marché de vos solutions dans le domaine de l'oncologie. Ce sera une première mondiale car il n'y a pas encore de solution homologuée de ce type dans le monde. De quelle manière appréhendez-vous cette homologation ?
Nous n'avons pas d'appréhension particulière.
Il est vrai qu'il n'y a pas de solution équivalente aujourd'hui homologuée aux Etats-Unis. En l'absence de précédent, nous ne pouvons pas présager avec certitude de ce qui va se passer. Cependant, nous affichons un haut degré de confiance sur le sujet. Nous utilisons les mêmes procédés que ceux ont servi pour l'homologation de nos solutions dans le diabète.

Quelle vision avez-vous de la concurrence sur votre segment de marché ?
Le segment de la thérapie digitale est nouveau et se compose encore de peu d'acteurs au niveau mondial. Il se distingue du segment de la santé numérique où on dénombrait en 2017, 318 000 applications mobiles santé et bien-être, en grande majorité des applications qui n'ont pas démontré d'efficacité clinique, et qui ne sont pas régulées comme des dispositifs médicaux.
Les solutions que nous déployons ont prouvé leur efficacité grâce à des évaluations cliniques, ont bénéficié d'une homologation réglementaire, sont prescrites par les professionnels de santé, et commencent à être remboursés.
Parallèlement, si l'on se compare au segment des matériels médicaux qui s'adressent à des populations qui souffrent des mêmes maladies que celles sur lesquelles nous sommes positionnés, ces derniers ont une cible d'utilisateurs plus limitée et un cout bien supérieur.
Notre marché commence à se structurer. Nous avons été cofondateur d'une nouvelle organisation professionnelle, la Digital Therapeutics Alliance, qui représente les acteurs spécialisés dans la thérapie digitale. Nous sommes la première société européenne dans cette alliance, et la plus avancée.


Aspirez-vous à d'autres partenariats avec d'autres leaders de l'industrie pharmaceutique ?
Le marché de l'oncologie recouvre de multiples produits et acteurs thérapeutiques. En cela il est beaucoup moins uniforme que le marché du diabète. De ce fait nous anticipons que nous nouerons de nouveaux partenariats avec d'autres grands laboratoires dans le domaine de l'oncologie.


Quel risque majeur présente à ce jour l'activité de Voluntis ? Quels atouts phares devraient ils lui permettre de parer à ce risque ?
Nous avons dérisqué la société sur le plan technologique, clinique et réglementaire dès lors que le gros des développements dans ces domaines est à présent derrière nous pour nos solutions dans le diabète.
Nous sommes désormais confrontés à un enjeu de déploiement commercial de nos solutions. Nous pensons avoir fait le bon choix stratégique avec la conclusion d'accords non exclusifs avec des partenaires de renom afin d'avoir un grand nombre d'options de commercialisation. Notre force de frappe s'en trouve démultipliée.
Les autres risques que présentent notre société sont assez classiques et communs aux autres acteurs de l'industrie médicale.

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