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Paris: se drape de rouge, la guerre commerciale gronde

(CercleFinance.com) - La Bourse de Paris conclut la séance sur un recul de 3.
31%, à 7598 points, pénalisée par STMicro (-8.4%), Stellantis (-8.1%) ou encore Kering (-7.5%).

Wall Street est également dans la tempête avec -3.3% pour le Dow Jones, -4% pour le S&P500 et -5.2% pour le Nasdaq.

Les marchés digèrent avec difficulté la mise en place de nouveaux droits de douane décidée hier soir par Donal Trump, donnant ainsi le coup d'envoi à une potentielle guerre commerciale néfaste pour l'économie mondiale.

Dans ce contexte, le "VIX" fait une embardée de +30% et franchit les 28, ce qui commence à ressembler à un "sell-off" comme on n'en avait plus observé depuis mars 2020.

Pour rappel, le locataire de la Maison-Blanche a dévoilé une série de mesures imposant des droits de douane de base minimum de 10%, voire des taux bien plus élevés concernant certains pays : en particulier ceux affichant de forts excédents commerciaux vis-à-vis des US.

D'après la tableau qu'il a présenté, la Chine sera ainsi soumise à des droits de douane de 34% (+20% = 54%), l'Union européenne de 20%, le Japon de 24%, l'Inde de 26%, le Vietnam de 46% et le Royaume-Uni de 10%, le Canada et le Mexique étant pour l'étant exemptés de surtaxes, ainsi que la plupart des pays d'Amérique du Sud (et les Caraïbes, dont Martinique et Guadeloupe à 10%).

"La mauvaise surprise, c'est l'approche qu'il a adoptée vis-à-vis de la Chine, qui est de très mauvaise augure au vu du rôle d'interconnecteur que joue son économie au niveau mondial", s'inquiète un analyste.

Si Washington assure que sa politique protectionniste vise à démarrer des négociations avec les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, les investisseurs redoutent plutôt une escalade de tensions avec des mesures de rétorsion susceptibles d'être prises rapidement par les pays visés.

Sachant que les nouveaux droits de douane doivent entrer en vigueur les 5 et 9 avril, la marge de manoeuvre pour démarrer des discussions commerciales s'avère en effet particulièrement étroite.

"C'est le pire parmi tous les pires scénarios possibles", déplore Dan Ives, l'analyste vedette de Wedbush Securities.

D'après les calculs de Deutsche Bank, ces mesures pourraient facilement amputer entre 1% et 1,5% de croissance à l'économie américaine cette année, tout en accroissant l'inflation de base du même montant.

"Bonne chance pour obtenir des baisses de taux de la part de la Fed avec tous les répercussions économiques que cette politique implique", avertit Michael Brown, stratège chez Pepperstone.

Conséquence majeure de cette offensive, le dollar recule de 2% face à l'euro (1.10$/E) et voit sa tendance haussière moyen terme remise en cause, avec toutes les conséquences inflationnistes que cela implique pour les consommateurs états-uniens.

Les chiffres publiés ce jeudi aux Etats Unis passent évidemment au second plan et n'impacteront guère Wall Street : le déficit commercial des Etats-Unis s'est réduit à 122,7 milliards de dollars en février, par rapport à celui de 130,7 milliards du mois précédent (qui a été légèrement révisé d'une estimation initiale de 131,4 milliards), selon le Département du Commerce.

Cette réduction de 6,1% du déficit d'un mois sur l'autre -après deux mois d'envolée- résulte d'une augmentation de 2,9% des exportations de biens et services, à 278,5 milliards de dollars, alors que les importations se sont maintenues à 401,1 milliards.

Le Département du Travail annonce avoir enregistré 219.000 nouvelles inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis la semaine du 24 mars, un chiffre en baisse de 6.000 par rapport à la semaine précédente dont le chiffre a été révisé en hausse, passant de 224.000 à 225.000.

La moyenne mobile sur quatre semaines -plus représentative de la tendance de fond- est quant à elle ressortie à 223.000 en baisse de 1250 par rapport à celle de la semaine précédente.

Les investisseurs avaient découvert ce matin les indices PMI : le "composite" HCOB de l'activité globale dans la zone euro s'est redressé de 50,2 en février vers 50,9 en mars.

Il a atteint son plus haut niveau depuis août dernier, signalant donc la plus forte croissance de l'activité de la région depuis sept mois: tout est malheureusement remis en cause depuis mercredi soir.

La production manufacturière a affiché sa première expansion depuis deux ans tandis que la hausse de l'activité du secteur des services s'est accélérée par rapport à février.

Dans l'Hexagone, l'indice HCOB PMI composite s'est redressé de 45.1 en février à 48 en mars (septième enquête mensuelle mesurée en dessous des 50).

Dans le contexte de guerre commerciale qui se profile, le baril de Brent dévisse de près de -5% à Londres, vers 69.8$, l'or stagne autour des 3110$ l'once et le Bitcoin lâche 3.4%, vers 81 850$.

Dans l'actualité des sociétés tricolores, Sanofi annonce que la FDA des États-Unis a accordé sa désignation de médicament orphelin au rilzabrutinib pour le traitement de deux maladies rares, à savoir l'anémie hémolytique à anticorps chauds et la maladie associée aux IgG4.

Kering Eyewear annonce avoir signé un accord avec deux fabricants italiens de lunettes, prévoyant l'acquisition de 100% du capital social de Visard, ainsi qu'une prise de participation minoritaire dans Mistral (avec possibilité d'une acquisition totale en 2030).

Enfin, Eurofins Scientific a annoncé jeudi avoir bouclé le refinancement partiel de ses obligations hybrides, comme le font actuellement bon nombre d'émetteurs dans un contexte de baisse des taux d'intérêt.


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