CAC 40: volatilité en vue avec le 'Liberation Day'
(CercleFinance.com) - La Bourse de Paris devrait ouvrir sur une note négative lundi matin, les inquiétudes liées aux questions commerciales continuant de peser sur la tendance à l'orée d'une semaine qui s'annonce volatile.
Vers 8h15, le contrat "future" sur l'indice CAC 40 - échéance avril - sur l'indice CAC 40 lâche 82 points à 7847,5 points, laissant présager une ouverture dans le rouge pour cette dernière séance du premier trimestre.
La nervosité va être à l'ordre du jour cette semaine sur les marchés financiers, alors que Donald Trump a prévu de dévoiler mercredi toute une série de nouveaux droits de douane dits "réciproques", dans ce qu'il présente comme un "Jour de Libération pour les Etats-Unis.
Si ces annonces sont considérées par les observateurs comme un moyen de faire pression sur les principaux partenaires commerciaux du pays, les investisseurs redoutent qu'elles entraînent des mesure de rétorsion de la part du Canada, du Mexique de la Chine ou encore de l'Union européenne.
Ce week-end, le locataire de la Maison Blanche a affiché sa fermeté sur le sujet en déclarant au cours d'une interview à NBC qu'il "se fichait complètement" de l'augmentation possible aux Etats-Unis du prix des voitures suite à sa décision d'imposer de droits de douane de 25% sur les véhicules importés.
Les inquiétudes ayant trait à la politique commerciale américaine avaient largement pénalisé les marchés boursiers la semaine dernière.
A Paris, le CAC 40 a essuyé une perte de 1,6% sur l'ensemble de la semaine écoulée. De l'autre côté de l'Atlantique, le S&P 500 a bouclé une cinquième semaine de repli sur six, accusant un recul hebdomadaire de 1,5%.
Les intervenants ont le sentiment que la situation n'avance pas sur le dossier commercial et redoutent en parallèle une nouvelle récession aux Etats-Unis.
Selon les analystes, la politique actuellement mise en place par la Maison Blanche devrait avoir un impact matériel et négatif sur la croissance.
"L'incertitude de la politique économique américaine sous l'administration Trump a atteint des niveaux comparables à ceux observés pendant la pandémie", préviennent les équipes de de J.Safra Sarasin.
"Notre modèle montre qu'un choc exogène important d'incertitude politique pourrait réduire le PIB de près de 1% après un an", indique la banque privée suisse.
Ces éléments suffisent à laisser penser que les fluctuations erratiques des dernières semaines risquent bien de se répéter.
L'indice CBOE de la volatilité, dit "indice de la peur", s'est de nouveau engagé sur une pente haussière, au-delà du seuil très surveillé des 20 points qui témoigne d'un regain de fébrilité chez les opérateurs.
La semaine s'annonce par ailleurs chargée sur le plan économique avec en point d'orgue les chiffres de l'emploi de mars, qui seront peut-être déterminants pour l'évolution de la politique monétaire de la Fed.
La statistique est particulièrement suivie par la Réserve fédérale et devrait l'aider à déterminer le moment où elle réduira de nouveau ses taux d'intérêt.
Dans cette perspective, des indicateurs solides pourraient être mal accueillis en renforçant la perspective de voir la banque centrale diminuer ses mesures de soutien.
La statistique de vendredi sera précédée mercredi par l'enquête ADP sur les créations d'emploi dans le secteur privé et jeudi par les inscriptions hebdomadaires au chômage.
Comme lors de chaque première semaine du mois, ce sont les statistiques les plus à même d'affecter le sentiment des marchés qui vont être publiées dans les jours qui viennent.
Parmi les autres indicateurs au menu de la semaine aux Etats-Unis figurent ainsi l'indice ISM manufacturier, prévu demain, ainsi que celui des services qui tombera jeudi.
En Europe, les intervenants prendront connaissance aujourd'hui de la première estimation de l'inflation en Allemagne pour le mois de mars, puis des indices PMI définitifs dans le secteur de l'industrie manufacturière demain puis dans le secteur tertiaire jeudi.
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