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TechnipFMC: en tête de l'indice CAC 40

Des analystes dissonants quant à la scission



Largement en tête de l'indice CAC 40, l'action TechnipFMC s'adjuge près de 6% à la Bourse de Paris après l'annonce d'un projet de scission de l'essentiel de la branche d'ingénierie et de construction, dite aussi E&C ou "midstream". Trois ans après la fusion, le groupe parapétrolier américano-français se concentrerait ainsi sur les services à l'amont pétrogazier.

Appelée pour l'heure "SpinCo" (environ 15.000 salariés), une nouvelle entité comprenant l'essentiel de la branche Onshore/Offshore, soit l'ingénierie et la construction d'usines de traitement d'hydrocarbures (dont le GNL), serait séparée de TechnipFMC. Immatriculée aux Pays-Bas, elle serait dirigée et cotée en Bourse à Paris.

Le reste de TechnipFMC, dit pour l'instant "RemainCo" (environ 22.000 salariés), restera immatriculé au Royaume-Uni, comme tel est le cas depuis la fusion du français Technip et de l'américain FMC, début 2017. L'entité continuera d'être cotée à New York et à Paris, et son management resterait en place. Le futur groupe conservera l'essentiel des divisions Subsea et Surface Technologies de TechnipFMC, ce qui recouvre les systèmes et services destinés à l'exploration et la production pétro-gazière. Il serait dirigé depuis Houston.

Petit constat : au 1er semestre (S1) 2019, la branche Onshore/Offshore concentrait environ 1,5 milliard de dollars de CA (+ 12,1%), soit presque la moitié des facturations de TechnipFMC. Mais aussi 64% du carnet de commandes (16,6 milliards de dollars sur un total de près de 26 milliards) après plus de huit milliards de prises de commandes durant la première moitié de l'année.

Du côté de la rentabilité, la marge d'EBITDA ajustée d'Onshore/Offshore est grimpée de 12,7% à 18,7% au S1, et surclasse donc celle du groupe dans son ensemble (13,1%), le Subsea dégageant 12,3% (- 340 points de base) et Surface Technologies 11,1% (- 700 points de base). C'est donc une activité pour l'heure en bonne forme que TechnipFMC entend mettre de côté.

Qu'en pensent les analystes ? Chez le bureau d'études allemand Berenberg, on anticipe que "RemainCo" sera davantage valorisé que ne l'est actuellement TechnipFMC grâce à "ses fortes positions concurrentielles dans la branche Subsea, et à la part plus importante de la technologie et des services dans son activité". En outre, le "Subsea" connaît une reprise dont Berenberg s'attend à ce qu'elle se poursuive.

"SpinCo", lui, est jugé plus difficile à valoriser en raison de l'effet exceptionnel découlant des contrats relatifs au site russe géant de gaz naturel liquéfié Yamal LNG, et d'une concurrence estimée plus rude.

Comme Jefferies, pour qui l'opération est plutôt simple à réaliser, Berenberg estime que la scission est "logique" en raison des faibles synergies d'Onshore/Offshore avec le reste du groupe. Tous deux à l'achat sur l'action TechnipFMC, Jefferies vise 28 euros, et Berenberg 29 euros.

Soit, mais les boursiers se rappellent aussi que la nouvelle action TechnipFMC avait, début 2017, fait ses premiers pas à plus de 33 euros, alors qu'elle n'en vaut plus que 22 aujourd'hui. D'où ce son de cloche très différent chez Aurel BGC. Les analystes ne mâchent pas leurs mots : "C'est un terrible aveu d'échec. (...) Ce projet de scission reconnaît implicitement que la greffe n'a jamais pris. FMC avait pris progressivement le contrôle de Technip alors que ce dernier était pourtant bien plus gros en termes de revenus. Le rapprochement restera comme un modèle du genre du piège des fameuses 'fusions entre égaux'", assène Aurel BGC.

Une opinion que partage en bonne partie Oddo BHF, dans une note titrée "1 + 1 = 2 = 1 + 1 quelques années plus tard"... "L'une des finalités du rapprochement Technip et FMC (...) était de permettre au nouvel ensemble d'offrir des solutions encore plus intégrées, ce qui a fonctionné en Subsea", indique le document. Mais pas pour l'autre activité, ce qui justifie ce projet ce scission "alors que la fusion est encore toute récente". Préconisant d'alléger la ligne, Oddo BHF vise 22,9 euros.

EG

 

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