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EssilorLuxottica: nouvelle direction ?

Un risque de gouvernance à 11 milliards ?



A en croire les dernières informations, rien ne va plus à la tête d'EssilorLuxottica. Le "risque gouvernance" serait-il dans les cours, maintenant que la capitalisation du géant franco-italien de l'optique a perdu près de 11 milliards d'euros depuis son sommet de l'automne ?

Rappelons que lors de la présentation de ses premiers comptes annuels combinés, le 8 mars dernier, le nouveau géant binational, formellement créé le 1er octobre dernier, écrivait : "Les questions de stratégie et d'intégration, ainsi que les sujets de gouvernance, sont en cours d'évaluation par les équipes d'Essilor International et de Luxottica, afin de garantir une fluidité dans la mise en oeuvre du plan de synergies et de la stratégie de croissance d'EssilorLuxottica."

En clair, la direction générale, qui depuis la fusion s'est installée dans le 8e arrondissement de Paris tout en laissant le siège social à Charenton-le-Pont, en proche banlieue, n'est pas prête. Au point que la première journée investisseurs, qui devait initialement intervenir au 1er semestre, a été fixée... au 18 septembre.

En Bourse, l'action, qui commençait à redresser la tête est alors retombée sur les 100 euros. Puis le 11 mars, le bureau d'études Invest Securities signalait l'information suivante, rapportée par le Journal du Dimanche : "L'hebdomadaire évoque notamment de nouveaux schéma de gouvernance, avec le départ d'Hubert Sagnières, actuel numéro 2 du groupe et la montée en grade de l'italien Francesco Milleri, actuel administrateur délégué, et de Laurent Vacherot. Un conseil d'administration de crise devrait se tenir le 18 mars."

Fondateur de Luxottica, l'italien Leonardo Del Vecchio détient plus de 30% du capital d'EssilorLuxottica, dont il est au surplus le PDG. Il n'a jamais caché son intention de promouvoir le directeur général de Luxottica, son homme lige Francesco Milleri, à la tête d'EssilorLuxottica. Reste que le traité de fusion, "entre égaux" selon une expression aussi consacrée que dépourvue de réalité à moyen terme, prévoit un processus de nomination autrement plus consensuel.

M. Del Vecchio a mis de l'eau dans son vin une première fois en novembre dernier, mais sa volonté reste manifestement la même. Ces derniers jours, il aurait ainsi eu l'intention de déléguer certaines de ses fonctions de PDG à Francesco Milleri, faisant se cabrer les anciens d'Essilor - au nombre desquels se trouve le vice-président et directeur général délégué, Hubert Sagnières. Voire les actionnaires de l'ex-Essilor International : "Leonardo Del Vecchio, avec plus de 30% du capital du nouvel ensemble, ne va-t-il pas tenter de prendre le contrôle définitif du groupe en imposant son candidat à la direction générale ? Si un tel scénario se produit, alors Luxottica aura racheté Essilor sans la moindre prime", commentent les analystes d'Aurel BGC.

En attendant, l'action EssilorLuxottica, qui avait culminé à la fin de l'automne à 129,55 euros, son record historique, n'en vaut plus que 104,65 euros. Ce qui représente un amoindrissement de la capitalisation de près de 11 milliards d'euros : serait-ce le prix d'une gouvernance mal assurée ? Dans ce contexte, le titre ne peut que sous-performer massivement le marché : sur trois mois glissants, l'action EssilorLuxottica perd environ 5% quand le CAC prend parallèlement 10%. Même si on peut se rassurer avec le rebond du jour et en constatant que les 100 euros semblent, pour l'heure, jouer le rôle de plancher.

Quoi qu'il en soit, le prix payé par les actionnaires - dont M. Del Vecchio est le premier - est déjà élevé, d'autant que le dénouement de l'affaire risque de tarder. En effet, la désignation des futurs patrons d'EssilorLuxottica peut durer jusqu'à la fin de l'année 2020. A suivre.

EG
 

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