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Bouygues:en forte baisse

Pénalisé par une note défavorable



L'action Bouygues termine la séance en forte baisse. En cause : principalement une note défavorable publiée par Credit suisse. Et pourtant, dans la zone des 30 euros, l'action du holding a déjà perdu plus de 30% de sa valeur en un an, contre - 13% pour le célèbre "benchmark" parisien.

Credit suisse a cessé de porter une appréciation acheteuse ("surperformance") sur l'action Bouygues en devenant neutre, et en ramenant sa cible de 39 à 34 euros. Ce qui reste supérieur au cours actuel du titre, mais ce bureau d'études est influent sur les marchés.

L'argumentation des spécialistes : "Jusqu'alors, le principal intérêt de Bouygues se concentrait sur ses activités extérieures aux télécoms, alors que les perspectives de cette dernière branche étaient difficiles", indique une note, qui reconnaît que la situation a changé : Credit suisse identifie désormais "un potentiel de hausse modéré" du côté des télécoms. "La consolidation de SFR demeure possible étant donné la pression qui s'exerce sur Altice", sa maison mère, même si cette éventuelle concentration ferait grimper la dette de celui qui s'en porterait acquéreur.

Soit, mais Credit suisse estime maintenant que "les activités de construction de Bouygues sont en train de dépasser leur pic (de marge) opérationnelle à court terme", ce qui comprend aussi Colas et l'Immobilier. D'où une réduction des prévisions de résultat qui pénalise l'objectif de cours.

Reprenons. En effet, Bouygues Telecom a fait partie des opérateurs mobiles les plus pénalisés par l'arrivée de Free sur le marché français, en 2012. Mais il est passé de l'eau sous les ponts depuis lors, et la filiale s'est reprise : refonte de l'offre, agressivité commerciale et économies ont été de mise. Puis en 2018, c'est SFR qui a sacrifié ses prix et ses marges pour repasser à l'offensive, ce qui lui a permis de "chiper" des clients à Free, une première.

Bouygues Telecom a-t-il souffert de ce récent regain de concurrence téléphonique ? Pas vraiment. D'un point de vue commercial, sa stratégie fonctionne : sur 12 mois à fin septembre 2018, l'opérateur a gagné près de 1,4 million de clients mobiles (à 15,76 millions d'unités), et 162.000 clients "fixes", à 3,6 millions.

Et financièrement ? Le CA de Bouygues Telecom a progressé de 6,5% sur les neuf premiers mois de 2018, à 3,9 milliards d'euros. Et son résultat opérationnel s'est envolé 43,5% à 528 millions d'euros, soit... un peu plus de la moitié de celui du groupe Bouygues dans son ensemble, et 40% du résultat net.

Quid du bilan ? L'endettement net porté par Bouygues Telecom soit 1,2 milliard d'euros (sur 5,5 milliards pour Bouygues dans son ensemble) se compare à un EBITDA semestriel de 931 millions. Bouygues Telecom est donc peu endetté, surtout relativement à ses pairs.

Notons que sur les trois premiers trimestres de 2018, le résultat opérationnel de la branche Construction (Bouygues Construction, Colas et Bouygues Immobilier) était déjà en baisse de près de 30% à 406 millions d'euros, ce qui l'a fait passer au-dessous de la contribution de Bouygues Telecom. Certaines des difficultés évoquées par Credit suisse sont donc visibles depuis longtemps, et le cours de l'action a déjà beaucoup souffert. Ajoutons que parallèlement, le carnet de commandes cumulé de la Construction a augmenté de 13% à fin septembre dernier, à près de 34 milliards d'euros, ce qui offre une visibilité certaine. Et que le rendement de l'action dépasse les 5%.

A suivre sur l'agenda financier de Bouygues : les résultats de l'année 2018, qui seront publiés le 21 février.

EG
 

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