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Renault: lanterne rouge du CAC 40

L'Etat français responsable du retrait de FCA ?



Lanterne rouge du CAC 40, l'action du constructeur automobile Renault perd près de 6% à la Bourse de Paris après que son concurrent italien Fiat Chrysler Automobiles (FCA ; dont le titre est en hausse de 0,7% à Milan) a retiré le projet de fusion présenté le 27 mai. FCA semble tenir l'Etat français pour responsable. Mais l'affaire est-elle si simple ?

"FCA reste fermement convaincue que la proposition a été largement appréciée depuis sa présentation. (...). Cependant, il est devenu clair que les conditions politiques en France n'existent pas actuellement pour qu'une telle opération se poursuive avec succès", a déclaré ce matin John Elkann, patron du groupe italien dont la famille Agnelli détient près de 30% du capital. En clair, c'est l'Etat français, détenteur de 15% de Renault et de près de 30% des droits de vote, qui est mis en cause par FCA. Et non Nissan, qui n'est évoqué que dans les remerciements à la fin du communiqué.

Renault avait auparavant indiqué, peu après minuit, que son conseil d'administration "n'a pas été en mesure de prendre une décision en raison du souhait exprimé par les représentants de l'Etat français de reporter le vote à un conseil ultérieur". Renault n'a donc pu se prononcer sur le "projet FCA". En effet, le ministère de l'Economie et des finances a souhaité un délai, estimant qu'il "restait à obtenir un soutien explicite de Nissan", indique un communiqué signé Bruno Le Maire. Et Bercy de prendre ensuite acte de la décision "express" de FCA.

Le poids lourd Nissan, qui comme l'Etat français détient 15% de Renault, et qui est détenu par Renault à plus de 40%, n'a pas encore réagi à la décision de FCA. Mais le 3 juin dernier, le directeur général du groupe japonais, Hiroto Saikawa, n'avait pas caché sa réserve. Il avait déclaré que le projet de FCA "modifierait considérablement la structure du partenaire qu'est Renault. Il serait alors nécessaire de réviser fondamentalement la nature de la relation entre Nissan et Renault". Or l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est centrale pour le groupe au losange, et la réformer, surtout dans le contexte actuel, ne peut que prendre du temps.

Chez Aurel BGC, on se veut plus prudent à ce sujet : "Nul doute que le dirigisme économique à la française sera encore montré du doigt, peut-être à juste titre, mais mieux vaut se garder de jugements trop définitifs à ce stade", nuancent les spécialistes. "Il semblerait que Nissan était opposé à cette fusion dans l'immédiat, ce qui aurait peut-être menacé l'Alliance. Bruno Le Maire aurait d'ailleurs souhaité la tenue d'un nouveau conseil d'administration le 11 juin après son déplacement au Japon prévu en fin de semaine", ajoute Aurel BGC.

Mais FCA, qui se dit toujours convaincu par son projet de fusion, n'a pas voulu entendre parler du délai demandé par Paris et s'est immédiatement retiré. "L'empressement de FCA (...) peut effectivement surprendre", ajoute Aurel BGC. Et les analystes de conclure : "le retrait de l'offre de FCA fait tomber les deux constructeurs dans un vide stratégique".

EG
 

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