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Renault: en tête des plus fortes hausses

Porté par le projet de rapprochement avec FCA



En hausse de 5%, l'action Renault est en tête des plus fortes hausses de l'indice CAC 40. En effet, le conseil d'administration du constructeur automobile au losange va se pencher sur le projet de rapprochement proposé par Fiat Chrysler Automobiles (FCA). Pourtant, à près de 57 euros, l'action Renault a perdu près de la moitié de sa valeur depuis le printemps 2018.

Sur le papier, le projet de rapprochement des deux groupes, qui donnerait naissance au 3e groupe automobile mondial, serait vecteur de synergies fortes : FCA les chiffres à cinq milliards d'euros en année pleine à partir de la fin de la sixième année suivant la finalisation de l'opération. Le tout grâce à la mise en commun des plateformes industrielles et de l'effort de R&D, notamment en matière de véhicule électrique. Auparavant, des mesures d'adaptation d'un coût de trois à quatre milliards devraient être mises en place.

Des montants qui se comparent à l'éventuel ensemble qu'aurait constitué Renault-FCA en 2018, soit un CA combiné de l'ordre de 170 milliards d'euros pour un résultat d'exploitation supérieur à dix milliards. En toute logique, FCA parle d'ailleurs de son projet comme d'une opération "hautement relutive".

UBS a fait quelques calculs : le bureau d'études chiffre que pour les actionnaires de Renault, ces synergies représenteraient entre 15 et 20 euros par action - à terme, et à condition que tout se passe comme prévu. Autant dire que ces euros supplémentaires ne sont pas susceptibles d'être factorisés à court terme.

Restent plusieurs questions importantes en suspens. Cette opération présentée comme une "fusion entre égaux" ramènerait la participation au capital de l'Etat français et de Nissan sous la barre des 10% du nouveau groupe. L'Etat semble plutôt favorable à l'opération, bien que sa participation (15% de Renault actuellement) tomberait à 7,5% environ de Renault-FCA, comme probablement ses droits de vote (pour l'heure proches de 30% chez Renault, grâce aux droits de vote doubles).

Mais Nissan, qui détient 15% de Renault (sans droits de vote pour l'heure) et est une filiale de Renault à plus de 43%, sera-t-il sur la même longueur d'ondes ? En Bourse, le groupe japonais capitalise l'équivalent de 26 milliards d'euros, contre 16 milliards pour Renault et 18 milliards pour FCA, ce qui lui donne un certain poids. D'autant que Nissan a récemment pris du poids dans l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

En outre, si Renault et Nissan disposent d'une certaine avance en matière de véhicules électriques, tel n'est pas le cas de FCA, surtout en Europe où les normes de rejet de gaz polluants des véhicules se durcissent.

Enfin, FCA s'est engagé à ne pas fermer d'usine en Italie, ce qui relativise le montant des synergies avancées puisque c'est justement en Europe que la présence des deux groupes semble la plus redondante.

A suivre. Reste, en attendant, une constante : les actions Renault et FCA comptent parmi les moins valorisées du secteur en Europe, avec des PER d'à peine plus de 4 fois au titre de 2020. Alors que Nissan se traite, au titre de 2019/2020, selon un PER de près de 9 fois.

EG
 

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