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Louvre Léonard de Vinci

(CercleFinance.com) - À l'occasion des 500 ans de la mort de Léonard de Vinci en France, le musée du Louvre conçoit et organise une grande rétrospective consacrée à l'ensemble de sa carrière de peintre.

L'exposition entend montrer combien Léonard a placé la peinture audessus de toute activité et la manière dont son enquête sur le monde il l'appelait " science de la peinture , fut l'instrument d'un art, dont l'ambition n'était autre que de donner la vie à ses tableaux.

Autour de sa propre collection de 5 tableaux, la plus importante au monde - la Joconde restera toutefois exposée dans la salle des États - et de ses 22 dessins, le Louvre rassemblera près de cent quarante oeuvres, soit plus de 160 (peintures, dessins, manuscrits, sculptures, objets d'art) issues des plus prestigieuses institutions européennes et américaines : la Royal Collection, le British Museum, la National Gallery de Londres, la Pinacothèque vaticane, la Bibliothèque Ambrosienne de Milan, la Galleria Nazionale de Parme, le musée de l'Ermitage de SaintPétersbourg, les Gallerie dell'Accademia de Venise, le Metropolitan Museum de New York, l'Institut de France.

L'occasion unique d'admirer 11 tableaux de l'artiste (sur moins de 20 qui lui sont attribués par les spécialistes) à côté d'une sélection de ses plus beaux dessins et de ses principaux manuscrits scientifiques.

La célébrité extraordinaire de cet infatigable curieux, perçu très tôt comme l'incarnation du génie et du savoir universels, l'aura presque surréaliste de la Joconde et la littérature considérable qui s'est accumulée de son époque à nos jours offrent une image confuse et fragmentaire du rapport de Léonard à la peinture.

Aboutissement de plus de dix années d'un travail ayant vu, notamment, l'examen scientifique renouvelé des tableaux du Louvre et la restauration de trois d'entre eux (la Sainte Anne, la Belle Ferronnière et le Saint Jean Baptiste), permettant de mieux comprendre sa pratique artistique et sa technique picturale,

L'exposition s'efforce également de clarifier la biographie de Léonard sur la base d'une reprise de l'ensemble de la documentation historique.

Elle rompt avec l'approche canonique de la vie du maître florentin selon six périodes chronologiques rythmées par ses déplacements géographiques, en faveur de quelques clés qui en ouvrent l'univers.

Émerge ainsi le portrait d'un homme et d'un artiste d'une extraordinaire liberté. A l'issue de l'exposition, une expérience en réalité virtuelle, réalisée avec HTC Vive, permettra d'approcher la Joconde comme jamais.

Ombre lumière relief

Léonard fut, à Florence, dès 1464, l'élève de l'un des plus grands sculpteurs du quinzième siècle : Andrea del Verrocchio.

De Verrocchio, il apprit non seulement le caractère sculptural de la forme, mais encore le mouvement, principe du réel et fondement de tout récit, ainsi que le clair obscur, l'expression du drame par le jeu de l'ombre et de la lumière.

Le Christ et saint Thomas, bronze monumental fondu par Verrocchio pour l'église florentine d'Orsanmichele, fut son école.

Liberté
Autour de 1478, Léonard trouve les voies d'un nouvel
approfondissement de la leçon de Verrocchio. La forme n'étant qu'une illusion que le monde, dans sa perpétuelle mobilité, ne cesse d'arracher à elle-même, le peintre ne peut en saisir la vérité que par une liberté de l'esprit et de la main capable de nier la perfection de la forme.
Cette négation, dans le dessin, est un assaut violent contre la forme, une juxtaposition immédiate d'états incompatibles qui ne laisse parfois rien subsister que le
noir.

Léonard à Milan

Auprès de Ludovic Sforza, que l'on surnomme le More, régent du duché de Milan, Léonard se fait une spécialité du divertissement de cour.

Il scénographie, à l'occasion des noces du jeune duc, Gian Galeazzo et d'Isabelle d'Aragon, sur un poème de Bernardo Bellincioni, une Fête du Paradis et invente des devises et des emblèmes. Il conçoit une colossale statue équestre à la mémoire de Francesco Sforza, fondateur de la dynastie, dont il modèle le cheval dans l'argile.

Le More lui confie, au cours de la dernière décennie du siècle, la Cène du réfectoire des Dominicains de Milan, Santa Maria delle Grazie.

Science
Dessiner, lorsque l'on est doué d'une vision analytique passant toutes les normes, c'est non seulement reproduire des formes, mais c'est encore exprimer des relations entre les formes, ou, pour le dire autrement, c'est penser.

Cez Léonard, cette intelligence est consciente d'elle-même et s'accompagne d'un questionnement perpétuel sur lemonde, d'un désir insatiable de comprendre qui se mue progressivement en volonté de démonstration puis en uneenquête systématique portant sur tous les aspects de l'univers physique. Se constitue de la sorte un répertoire infini d'observations, de recherches, d'expériences, de réflexions, de théories, mêlant étroitement l'écriture et le dessin, souvent errantes et imparfaites, mais dont la somme constitue l'un des plus fascinants chapitres de l'histoire de la philosophie naturelle.

Si toutes les disciplines sont ainsi convoquées en vue d'une connaissance intégrale de l'univers, c'est que la considération des apparences ne suffit plus à Léonard et qu'il lui faut, afin de traduire la vérité des apparences, connaître l'intériorité des phénomènes, les lois qui les gouvernent et dont il affirme, dans le sillage de Pythagore et de Platon, qu'elles sont de nature fondamentalement mathématique.

Vie
L'exigence scientifique de Léonard, dispersée à travers tous les champs de la connaissance, a engendré un labyrinthe infini, dans les miroitements et les scintillements duquel le peintre semble s'être finalement perdu.

Mais cette disparition n'est qu'apparente, et la science elle-même n'est pas autre chose que la forme, nécessaire, que revêt la liberté du peintre, maître de l'ombre, de la lumière, de l'espace et du mouvement.

Dans la peinture, la sauvagerie du componimento inculto est devenue le passage des formes l'une dans l'autre, l'extinction de toute limite qu'autorise le medium révolutionnaire de l'huile - le sfumato. La liberté, ainsi accomplie dans l'élément des sciences de la nature, élève la peinture à la hauteur d'une science divine, capable de recréer le monde, et dont le couronnement est l'expression du mouvement, vérité de tous les êtres, chez ceux dont il est la propriété immanente : les vivants.

C'est le temps de la Cène, de la Sainte Anne, du portrait de Lisa del Giocondo, de la Bataille d'Anghiari et du Saint Jean Baptiste, le moment inaugural de l'art moderne.

Le départ en France

La Rome de Léon X n'avait d'yeux que pour Michel-Ange et Raphaël. À l'automne 1516, Léonard partit pour la France.

Le 10 octobre 1517, Louis, cardinal d'Aragon, petit-fils du roi Ferrante de Naples, de passage à Amboise, rendit visite à Léonard au château de Cloux, où François Ier logeait le vieux maître.

Léonard montra au cardinal et à sa suite trois tableaux sur lesquels il avait travaillé pendant plus de dix ans et dont le roi de France devait être l'ultime destinataire : la Sainte Anne, le portrait de Lisa del Giocondo et le Saint Jean Baptiste.

Léonard ne peignit qu'une quinzaine de tableaux, non pas, comme on le dit souvent, parce qu'il ne se serait intéressé qu'à la conception, ou à l'idée mais, au contraire, parce que l'exécution, prolongée à l'infini, portait chez lui toute la vérité de la science de la peinture.

Si la modernité, dans la conscience de ce temps, commence avec Léonard, c'est qu'il sut, le premier et le seul, sans doute, donner à la peinture la présence effrayante de la vie. Terrible est l'art capable d'une telle création.

Mais terrible également l'univers du génie de Vinci, livré à l'impermanence, à l'universelle destruction, à la pluie, au vent, à l'orage, à la nuit.

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